Geougrafìa - Géographie
Textes de Jean-Philippe Fighiera - Professeur


Contenu
PRESENTATION
LES GRANDES LIGNES DU RELIEF
LES PRINCIPALES CHAINES ET VALLEES
LE CLIMAT
LA VEGETATION : UNE RICHESSE NATURELLE
LE PEUPLEMENT
ACTIVITE TOURISTIQUE - LES CONGRES
LES TECHNOLOGIES DE POINTE
LES VOIES DE COMMUNICATION
BIBLIOGRAPHIE


Il est difficile de séparer Nice de son ancien Comté et même de tout le département des Alpes Maritimes, la géographie et souvent l'histoire ayant forgé une symbiose entre la ville et son moyen et haut pays. Nice est de ce point de vue la capitale des Alpes Maritimes, terme particulièrement bien choisi par les Romains, plus juste que celui de "Côte d'Azur" parce qu'il résume en une expression les deux caractères fondamentaux de la région : la présence de la montagne et celle de la Méditerranée.

Ce sont elles qui donnent ce contraste physique qui a tant de charmes... et des inconvénients aussi...

LES GRANDES LIGNES DU RELIEF
Elles sont d'une grande complexité, compte tenu de l'histoire géologique de la région

- depuis les vieilles roches cristallines (massif de l'Estérel), parfois surélevées (Mercantour), jusqu'aux alluvions quaternaires (plaines de Cannes, Antibes, Nice), en passant par les roches sédimentaires (Préalpes de Grasse et de Nice), presque tous les matériaux se trouvent présents et mélangés par des mouvements tectoniques.

Très grossièrement, on peut comparer les formes de relief à un théâtre antique, avec des montagnes qui s'élèvent progressivement vers le nord, séparées par les travers des vallées souvent encaissées à cause de la forte pente qui a accentué la force de l'érosion.

LES PRINCIPALES CHAINES ET VALLEES
- au sud-ouest du département, les Préalpes de Grasse grimpent jusqu'à plus de 1.700 mètres (Cheiron) ; elles sont entaillées par les vallées de la Siagne et du Loup selon une direction générale nord-ouest-sud-est.

- au nord les principales vallées convergent vers Nice :

* le Var, qui prend sa source non loin du col de la Cayolle (2.326 m), capte les eaux du Cians dont il est séparé par le Dôme du Barrot (2.137m), puis les eaux de la Tinée et de la Vésubie que sépare le Tournairet (2.087m) provenant de la haute montagne alpine (massif du Mercantour culminant à 3.143 m avec le Gelas).

* enfin le Var reçoit les eaux de l'Estéron dont la vallée est orientée ouest-est.

- au nord-est de Nice, les Paillons compartimentent les Préalpes niçoises : Paillon de Contes dominé à l'ouest par la chaine du Férion (1.412 m), Paillon de l'Escarène, dominé à l'est par le Mont Agel (1.110 m).

- à l'est, deux vallées sont un peu isolées en raison de leur débouché situé dans l'Italie voisine et ne sont accessibles du côté français que par des cols très abrupts (Braus, Brouis, Castillon) :

* il s'agit de celle de la Bevera, qui de l'Authion (2.080 m), se jette dans la Roya et de cette dernière qui après avoir récolté les eaux de Tende et de la vallée des Merveilles, atteint la mer à Vintimille.

LE CLIMAT
C'est ce qui a fait la célébrité de la Côte d'Azur. Mais on ne doit pas perdre de vue que l'ancien Comté de Nice et l'actuel département des Alpes Maritimes ne sont pas seulement une côte, que la complexité et la vigueur du relief divisent les points entre ceux qui sont bien exposés (à l'adret, à l'abri du vent...) et ceux qui le sont moins (à l'ubac, en fond de vallée...) ; que la douceur du climat méditerranéen fait oublier ses fréquents excès (violence des orages, longue sécheresse) : il est donc difficile de parler du climat au singulier.

- pour simplifier, on peut dire que la zone littorale a un climat méditerranéen (précipitations en automne et au printemps surtout, sècheresse d'été, hiver plutôt doux et sec).

Vers l'intérieur, et surtout dans le nord, un climat de montagne (hiver assez vif, pluies d'été).

- la mer et la montagne sont les facteurs essentiels des climats dans les Alpes-Maritimes : cette juxtaposition de conditions subtropicales et presque périglaciaires n'est pas sans conséquence sur la végétation.

LA VEGETATION : UNE RICHESSE NATURELLE
Le fort ensoleillement, la variété des altitudes et des expositions, la richesse géologique constituent des conditions favorables aux écosystèmes. Particulièrement les végétaux profitent des contraintes peu excessives du milieu naturel.

On peut distinguer :

* une forêt de conifères dans la zone alpine jusqu'aux alentours de 2000 mètres : mélèzes et sapins.

* sur la côte et ses environs c'est le domaine de la forêt méditerranéenne caractérisée par des espèces à feuilles persistantes : oliviers, chênes verts associés aux pins maritimes.

* entre les deux, souvent juxtaposés, les feuillus : châtaigniers, chênes.

* certains endroits sont remarquables par des végétaux particulièrement ornementaux : mimosa dans le Massif du Tanneron et dans la vallée du Paillon de Contes et sumacs dans presque toutes les vallées.

DEGRADATION ET FORMATIONS DE SUBSTITUTION
Malheureusement, ces différentes forêts ne demeurent que de façon fragmentaire en raison de plusieurs agressions : les coupes, les pâturages autrefois, les incendies et l'occupation humaine d'aujourd'hui. Si le Massif du Mercantour conserve généralement sa parure végétale, la zone côtière et les Préalpes offrent souvent des formations de substitutiton correspondant à un appauvrissement :

- maquis dans l'Estérel,

- et surtout garrigue (nord de Grasse, environs de Nice), domaine du thym,du romarin,des lentisques, etc... qui embaument, mais ne protègent plus les sols de l'érosion.

LE PEUPLEMENT
- avec une population de près de 1.000.000 d'habitants pour une superficie d'environ 4.300 km2, les Alpes-Maritimes ont une densité proche de 230 (moyenne nationale 107 environ).

- mais les 163 communes qui se partagent le territoire ont une très mauvaise répartition de cette population : ainsi Nice compte environ 350.000 habitants, tandis que Lieuche en a une trentaine !

- depuis la fin du XIXème siècle, l'exode rural a vidé de sa substance humaine les villages du haut pays, au profit d'une côte où affluaient les migrants d'horizons divers.

- c'est ainsi qu'il y a eu formation au sud, d'une bande très étroite (10 kms à Nice), surpeuplée et cosmopolite, et un moyen et haut pays peu peuplé, voire désertique, ne survivant que par les résidences secondaires et les activités de loisir (ski).

L'ACTIVITE TOURISTIQUE - LES CONGRES
La présence de la mer et de la montagne sous un ciel clément a favorisé une activité dominante : le tourisme qui représente 64.000 emplois directs dans les Alpes Maritimes.

Le bord de mer où s'entasse l'essentiel de la population est une des régions les plus prisées du monde avec plusieurs atouts :

* les stations balnéaires (Cannes, Juan-les-Pins, Nice...).

* les villes de congrès qui étalent leur activité sur toute l'année (Cannes avec son palais des Festivals, Nice avec Acropolis).

* la richesse artistique et culturelle (nombreux musées d'histoire, d'arts).

En montagne le ski et la randonnée redonnent vie à Saint-Etienne de Tinée (Auron), Beuil, Peone (Valberg), Saint-Martin Vésubie, Isola, Gréolières...

LES TECHNOLOGIES DE POINTE
Depuis environ le début des années 1960, la région niçoise voit l'installation d'entreprises axées sur l'électronique, l'informatique et les télécommunications : soit des multinationales (I.B.M. à la Gaude, Texas Instrument à Villeneuve Loubet, Schneider Automation à Sophia-Antipolis, Safare-Crouzet à Nice ...), soit des P.M.E. qui servent de sous-traitants.

La technopole de Valbonne Sophia-Antipolis, la première d'Europe, regroupe environ 1200 entreprises françaises ou étrangères de ce type, ce qui représente 20.000 emplois environ (chercheurs et ingénieurs principalement).

Il y a aussi l'industrie chimique avec la parfumerie à Grasse et à Eze (Fragonard, Galimard), mais aussi avec les produits pharmaceutiques (Virbac à Carros). Citons également l'industrie aéronautique avec l'Aérospatiale à Cannes dont l'usine est spécialisée dans la mise au point de satellites. Enfin, dans le domaine de la recherche il y a l'implantation de laboratoires divers comme le C.N.R.S. à Villefranche ou l'I.N.R.A. à Antibes.

LES VOIES DE COMMUNICATION
Les nombreux pôles d'attraction touristique ont contraint, en dépit d'un relief tourmenté et d'un sol souvent fragile, d'établir un réseau de voies de communication important et saturé en bord de mer.

Si au début du siècle la voie ferrée grimpait dans presque toutes les vallées, elle ne subsiste plus que sur le littoral (ligne Paris-Nice-Vintimille), vers l'est (Nice-Breil-Cunéo) et l'ouest ("train des Pignes" Nice-Digne).

Le réseau routier est remarquable par sa densité, mais onéreux à entretenir et souvent tortueux.

Quelques axes sont privilégiés : l'autoroute A8, les trois corniches à l'est de Nice, la "route du ski" au centre (Var et Tinée), la pénétrante Cannes-Grasse à l'ouest... (la "voie rapide" à Nice et la pénétrante du Paillon sont en cours de réalisation depuis.... les années I960).

Enfin, l'aéroport de Nice-Côte d'Azur est le premier de province et le second de France après celui de Paris (trafic prévu pour 2000 : autour de 10 millions de passagers).

BIBLIOGRAPHIE SOMMAIRE
RIPART (A.), Histoire-Géographie, Alpes-Maritimes, C.D.D.P. - C.R.D.P. de Nice 1991.

BLANCHARD (R.), Le Comté de Nice - 1960.

POINSOT (J.P.), Guide annuaire des communes de France, éd. Toscane, 1994.

BERNARD (Y.), Annuaire touristique et culturel des Alpes Maritimes, Edisud, 1991.

COMPAN (A.) (sous la direction de ), Le Comté de Nice, coll. Peuples et pays de France, Editions d'organisation et éditions Seghers,1980.

DAUPHINE (A.), Nice, une eurocité méditerranéenne, éd. Serre 1990.

MALAUSSENA (C.) et MACARIO (P.), Notre pays Nissa, E.L.S., 1984.


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