Naissance de Jésus et renaissance d'une chapelle
Pour la première fois depuis fort longtemps,
une messe de Minuit a été célébrée dans la chapelle
de Bon-Voyage récemment restaurée.
Voilà sans nul doute l'un des plus beaux contes de Noël en pays nissart. Sauf qu'il ne s'agit pas d'un conte : pour la première fois depuis longtemps une messe de Minuit a été célébrée, hier, dans la chapelle Notre-Dame du Bon-Voyage. A l'abandon, condamné à disparaître, cet édifice caché dans un coude de la route de Turin est aujourd'hui en pleine renaissance. Sauvé, ressuscité à l’initiative de la fédération des Associations du Comté de Nice, grâce à l'opiniâtreté d'hommes et de femmes attachés à leur foi et à leur terroir. Sauvé de la ruine, ce lieu de culte situé sur la route de Turin a réuni, les fidèles et les artisans qui ont participé à sa restauration
Parmi la quarantaine de fidèles qui se pressaient hier soir dans la minuscule nef aux enduits tout juste refaits, il y avait Jacky Giusto. Ce menuisier tendasque a offert la porte en chêne massif de la chapelle, en mémoire de son grand-père qui parcourait la route de Turin à dos de mulet et ne manquait jamais de faire halte ici, première étape spirituelle pour les voyageurs à la sortie de la ville.
« Ici, c'est la crèche »
Le visage du menuisier s'illumine en pénétrant dans ce lieu rendu au culte après une si longue absence. Il y a aussi de la ferveur dans les yeux de Calou Tarry. Cette sculptrice a fait don des statues de la Vierge qui trônent sur la façade et sur le maître-autel.
Joseph Torrente, lui, a fondu la cloche de bronze sur laquelle ont été gravées la croix de Savoie et les armoiries de Nice.
Il y a aussi le maître verrier Pénadeau qui a fabriqué les vitraux, le maçon Polchi auquel on doit la réfection du superbe pavement à l'ancienne, le fresquiste Gerbi, le maître ferronnier Nativel. Bref, ils sont tous là, les artisans d'art qui ont participé au sauvetage de cette maison de Dieu. Une maison si simple, si modeste et tellement semblable à l'humble étable dans laquelle est né le Sauveur.
Tous là, tels des bergers et un peu aussi, des rois mages.
« Ici, c'est la crèche. Le refuge des pauvres et des humbles », a souligné dans son homélie le père Yves Buannic. Rien d'ostentatoire en effet dans cette chapelle, rien qui distraie du message divin.
La fête des voisins
Suzanne Nucéra a également tenu à être là, pour mieux communier avec Louis : « Cette chapelle était tellement chère à son coeur comme elle l'est au mien. Je suis née route de Turin et je suis souvent venue ici avec mes grands-parents. »
A l'issue de la messe à laquelle ont participé les confréries de Pénitents de Nice pour marquer le renouveau de la chapelle, les habitants du quartier ont offert à tous un vin chaud parfumé à la cannelle et aux clous de girofle.
Cette messe de Minuit a été un peu la fête des voisins. Plusieurs d'entre eux ont été baptisés et mariés ici.
Philippe Fiammetti
Nice Matin