PASSIONS : LA RENAISSANCE DANS LES ALPES MÉRIDIONALES
Conférence de Jean-Loup FONTANA Conservateur départemental du Patrimoine
le mardi 12 juillet 2005 à 20 h 30
RESTAURANT LE BLUE BEACH PROMENADE DES ANGLAIS (FACE MUSÉE MASSÉNA)
Dans le cadre de son cycle de dîners-conférences intitulé "Nice, la plage, le patrimoine", la Fédération des Associations du Comté de Nice propose de revisiter la peinture primitive niçoise de la fin du Moyen-Age et de la Renaissance avec Jean-Loup Fontana, conservateur départemental du Patrimoine des Alpes-Maritimes dont la conférence-projection sera illustrée de photographies extraites de l’ouvrage « Passions » qu’il a publié aux éditions Giletta-Nice Matin et qui a été distingué par le prix de l’Académie des Beaux-Arts en 2003.
Dans les dernières années du XVe siècle et pendant pratiquement tout le XVIe une véritable révolution de la pensée et de l’expression européennes se développe. Renaissance et Humanisme traduisent le retour à des formes esthétiques et intellectuelles considérées comme parfaites : celle de l’Antiquité classique. Pour les penseurs il faut retrouver les textes d’origine, ceux de la sagesse et de la science, à partir desquels de nouveaux progrès sont possibles. Pour les artistes, les règles des Anciens doivent être redécouvertes et remises en œuvre. C’est un effort considérable de recherche et d’étude qui est accompli d’un bout à l’autre du continent. Recomposition des ouvrages disparus, traduction et diffusion grâce à l’imprimerie à caractères mobiles, échanges de correspondances, comptes rendus de voyages et d’observations vont de pair avec la définition de modèles artistiques. C’est ainsi que l’on procède à l’édification de monuments fidèles aux normes de la Grèce et de Rome, et à la mise au point de procédés innovants. Pour le dessin et la peinture, les règles de la perspective ouvrent de nouveaux horizons. En sculpture on affine les recherches sur l’harmonie des proportions. En architecture c’est la régularité et la mesure des volumes et des élévations. Tous les arts sont concernés par un mouvement qui veut, par delà les siècles de la nuit barbare et de l’obscurantisme « gothique » retrouver et poursuivre le chemin de la civilisation dans toute sa grandeur.
Cela passe, évidemment, par la critique et la contestation des habitudes esthétiques, intellectuelles et politiques que le Moyen-Âge avait favorisées. Dans certaines régions d’Europe on assiste à une radicalisation des doctrines qui conduit à des affrontements violents, en particulier dans le domaine religieux. Ailleurs, et c’est le cas des Alpes méridionales, on constate une évolution « en douceur » qui marginalise avant de les évacuer certains thèmes, surtout dans les pratiques et les dévotions populaires, pour leur substituer des doctrines plus « authentiques ». Là aussi c’est par un retour aux textes d’origine que s’effectue la démarche. En réponse aux revendications luthériennes d’accès direct aux livres sacrés et aux critiques, souvent fondées, de textes tardifs où le magique et le merveilleux le disputent au miraculeux, on prône la représentation en image des personnages et des récits que le Concile de Trente déclarera bientôt « canonique ». Dès lors se multiplient les représentations de la Passion du Christ, thème central des Evangiles, que l’on illustre sous forme de récits divisés en cases, à la manière de bandes dessinées. Outre l’intérêt historique et artistique qui s’attache à ces œuvres, on doit souligner tout ce qu’elles apportent sur le plan documentaire, concernant la vie quotidienne, les mœurs et l’environnement de l’époque de leur réalisation, entre 1450 et 1550 environ. Par delà le message proprement religieux c’est à une découverte du monde matériel des Alpes méridionales, au temps de la Renaissance, qu’est convié le public.
Dîner - Conférence : 25 Euros par personne. LES RÉSERVATIONS SE FONT UNIQUEMENT PAR TÉLÉPHONE AU 04 93 87 10 36
RESTAURANT LE BLUE BEACH PROMENADE DES ANGLAIS (FACE MUSÉE MASSÉNA)
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